Nouvelle méthode pour mesurer le CO2 dans les océans

LEGENDE : Photo aérienne d'un récif de corail. Les chercheurs ont élaboré un nouvel outil pour quantifier l'effet de l'acidification des océans sur les organismes de calcification. (Photo: Boaz Lazard, Université de Jérusalem)

Des scientifiques de l’Université de Jérusalem découvrent une nouvelle méthode pour mesurer le CO2 dans les océans

Après une enquête menée sur 5000 km d'océan, la recherche publiée dans Les Actes de l'Académie Nationale des Sciences présente une nouvelle façon de mesurer comment l’acidification de l'eau affecte les écosystèmes marins sur l’ensemble d’un bassin océanique.

En conséquence des émissions de l'Homme, la teneur en CO2 dans l’atmosphère et les océans a augmenté de façon spectaculaire au cours des dernières décennies. Dans l'océan, l’accumulation du CO2 entraîne une acidification progressive des eaux de surface, rendant plus difficile pour les organismes à coquille comme les coraux et certains planctons de fabriquer leurs squelettes en carbonate de calcium.

Ce processus d'acidification de CO2 a été étudié au cours des dernières années, en raison de son impact sur les écosystèmes marins. Cependant, l'obtention d’une mesure précise de CO2 est difficile sur de grandes surfaces en raison de l’ensemble des variables concernés. Pour obtenir une image plus claire de la façon dont l'acidification des océans affecte grandes zones marines, un groupe de chercheurs israéliens ont étudié une bande de mer longue de 5000 km, allant d’Eilat aux Seychelles traversant la mer Rouge, le golfe d'Aden et l'océan Indien occidental.

Le groupe était dirigé par les professeurs Boaz Lazar et Jonathan Erez ainsi que le Prof. Amitai Katz et l’étudiant doctorant Zvi Steiner, tous issus de l’Institut des sciences de la Terre Fredy et Nadine Herrmann à l'Université hébraïque de Jérusalem et en collaboration avec d’autres professeurs israéliens.

Les chercheurs ont développé une nouvelle méthode pour évaluer les taux de calcification globaux des récifs coralliens et des planctons pélagiques (de pleine mer) sur l'ensemble du bassin océanique, en fonction des variations chimiques de l'eau de surface. Le groupe estime que le plancton pélagique précipite 80 % du carbonate de calcium de la mer Rouge, tandis que les récifs coralliens en précipitent environ 20 %. Ces données sont une étape cruciale dans le suivi de l'activité anthropique (provenant d’actions humaines), car il fournit une mesure de référence objective.

La surveillance des variations des taux de croissance du corail et du plancton toutes les quelques années, peut fournir des informations essentielles concernant les taux de changement de l'environnement dans les mers tropicales et subtropicales comme la mer Rouge, les Caraïbes et la mer de Chine du Sud.

La recherche a été publiée dans la revue américaine PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences) sous le titre : ”Basin scale estimates of pelagic and coral reef calcification in the Red Sea and Western Indian Ocean”. La recherche a été financée par la Fondation Israël Science, la Fondation Bill et Melinda Gates et le ministère israélien de la Science et de la Technologie.